Anna Waisman en 1994 © Jacky Azoulay
Anna Waisman émerge tel un phénix des cendres de l’Europe d’après-guerre. Née en 1928, elle trouve refuge dans la danse, s’élevant des planches de l’Opéra de Strasbourg jusqu’aux Ballets d’Amérique latine. Mais sa quête insatiable de perfection finit par consumer son corps de danseuse. En 1958, telle une alchimiste moderne, Waisman transmute sa passion du mouvement en art plastique. Armée d’un simple tournevis et de tenailles, elle fait des berges de la Seine son atelier à ciel ouvert, sculptant les vestiges du viaduc d’Auteuil. De ces pierres délaissées naît un langage artistique unique, où figures bibliques et réminiscences de danse s’entremêlent dans une esthétique néo-figurative qui saisit le sculpteur Zadkine.
Au fil des décennies, son art se métamorphose sans cesse. Des sculptures de lettres hébraïques sensuelles aux huiles sur papier dialoguant avec Soulages, en passant par des sculptures de papier déchiré et des collages électroniques, Waisman ne cesse d’explorer les frontières de la création. Son oeuvre, véritable kaléidoscope artistique, transpose l’énergie du mouvement dans la matière, insufflant vie à la pierre et rythme à la peinture. Créatrice du mémorial des martyrs juifs de la barbarie nazie à Sarcelles, Anna Waisman laisse à sa mort en 1995 un héritage artistique aussi riche que diversifié.
Nous avons choisi de faire coïncider cette rétrospective à la fois patrimoniale et d’un matrimoine avec les Journées Européennes du Patrimoine 2025. Sibylle Blumenfeld, représentante d’Anna Waisman, interprète hors-pair de son oeuvre, animera cette exposition par ses conférences.