Dire Beat Generation, c’est penser à Allen Ginsberg, Jack Kerouac, William S. Burroughs… En un mot, une histoire artistique écrite par les hommes, pour les hommes. Mais voilà que l’histoire littéraire s’ouvre aujourd’hui à deux battants : qu’on le veuille ou non, il y avait aussi des femmes poètes dans le mouvement Beat ! Des femmes comme Diane di Prima, Hettie Jones, Lenore Kandel, Denise Levertov, Anne Walman… Des femmes qui arrachent leur liberté au diktat des familles, à la domination masculine et aux carcans sociaux. Des femmes qui créent, inventent,
imaginent, explorent, transgressent. Des rebelles, des insoumises, des dissidentes – suffisamment folles pour vouloir changer le monde, suffisamment aimantes pour nous le faire aimer. Sexe, drogue, musique, errance, avortements, bouddhisme ? Oui, à condition de bien comprendre que le droit d’être rebelle était un privilège masculin dans les années 1950.
Odile Conseil est journaliste pendant 30 ans dont 22 ans passés à Courrier International. Elle s’est réinventée depuis 2014 en créatrice et directrice d’un festival de cinéma au Havre, productrice de radio (« L’Épingle du jeu », sur France Culture), assistante à la mise en scène (fiction et documentaire) et comédienne occasionnelle, tout en poursuivant un travail journalistique pour « Papiers », la revue de France Culture. Elle a récemment écrit et joué dans « Rigoletta », une pièce en un acte et en alexandrins donnée au Théâtre du Rond-Point en septembre 2020.