Le kaddish est la prière des morts dans la religion hébraïque. Bien que converti au bouddhisme, Allen Ginsberg a choisi ce titre pour le long poème qui célébre la mémoire de sa mère Naomi, décédée en 1956. N’ayant pas assisté à ses derniers moments, le poète commence à rédiger ce texte, en larmes, assis à une table de la brasserie « Le Select », à Montparnasse. Il y mêle l’amour et la rage, une danse endiablée avec la mort au son d’un musicien de jazz et des souvenirs nostalgiques de la ville de Paterson où il a passé son enfance et où a vécu le grand poète William Carlos Williams. Ce questionnement sans concession aucune sur la foi, la transcendance, le destin de l’être humain se conjugue avec des réminiscences de son passé. C’est une litanie chargée de peurs et
d’angoisses, de sentiments déchirants et d’intuitions fulgurantes. Dans ces pages, Ginsberg définit son art poétique. C’est la transcription hallucinée d’un flux de conscience charriant les éléments les plus disparates et les plus contradictoires, mais qui sous-tendent son expérience unique et pourtant partagée avec tous les grands poètes disparus et avec ses parents, ses amours et ses amis autour du grand questionnement métaphysique de l’Homme.
Acteur et directeur artistique, Éric Herson-Macarel joue régulièrement au théâtre et au cinéma. Il est également la voix française de Daniel Craig, Willem Dafoe ou Bruce Willis et le lecteur à voix haute de « La route », de Cormac Mac Carthy. Il a récemment incarrné Jean Valjean dans « Les Misérables » au Théâtre de la Tempête, à Paris.