En novembre 1943, le poète Paul Éluard, qui entretient des liens étroits avec de nombreux artistes, se réfugie à l’hôpital psychiatrique de Saint-Alban, dirigé par le docteur Lucien Bonnafé (proche des surréalistes). Éluard y découvre les oeuvres de patients, qu’il rapporte à Paris, notamment celles d’Auguste Forestier, qui fabrique des petites statues avec des bouts de ficelle, de bois ou de métal, et qu’il fait connaître à Picasso, Raymond Queneau et Jean Dubuffet.
Dans cet hôpital, aujourd’hui considéré comme le berceau de la psychothérapie institutionnelle, les créations de certains patients étaient déjà conservées depuis 1914 et ont par la suite rejoint les plus grandes collections d’art brut.
« Art brut » est le terme par lequel le peintre Jean Dubuffet désigne les productions de personnes exemptes de culture artistique. Il a regroupé certaines de ces productions au sein de la Collection de l’art brut à Lausanne. D’autres musées, comme celui de Sainte-Anne, regroupent également des collections.
Art libre, sans initiation préalable, art des fous, des marginaux, des prisonniers, des reclus, art mystique, souvent…